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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 11:18

Il est quand même remarquablement rassurant pour le Gouvernement actuel, à tout le moins cela se devrait-il de l’être, de constater comme le changement d’air de M. Depardieu semble tenir plus à la Presse française et à son traitement de l’information (celle le concernant si l’on se veut restrictif) qu’à une pseudo fiscalité confiscatoire. C’est ce qu’il faut entendre dans les propos entre l’intéressé et le Président de la République rapportés par Arnaud Frilley à RTL. ÉcouterSans doute la fiscalité était-elle la goutte d’eau qui fit déborder le vase ou plus vraisemblablement – mais ce n’est que mon avis – l’excuse la plus cohérente pour sortir de la fosse et en convaincre au passage les plus sceptiques. Un pari qui semble réussi puisque sa popularité ne baisse guère et que même côté Elysée “les explications données par M. Depardieu étaient recevables”.

Lien vers la source : express.fr

Là, je m’inquiète !

Il était douillet jusqu’à ce jour de se convaincre que de multiples prises de position dites “anti-riches” d’un Gouvernement (trop ?) pressé de remonter sa cote de popularité pouvaient nuire aux intérêts de notre beau pays. Je dis “douillet” car ces annonces fracassantes contre le capital ne sont pas les premières (souvenons-nous des émois du grand Capital en mai 1981) et ne seront sans doute pas les dernières. Le capital, pour autant que je le sache, traverse fort bien les siècles et les crises, voire même s’y renforce – je veux ici être sarcastique jusqu’au bout ! :)

Il est beaucoup plus désagréable de constater que le mal qui ronge notre pays a pointé le bout de son nez bien avant le 6 mai. Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’écrire (Quand enfin ils se tairont...), la dérive de la très grande majorité de nos médias est mûre.Lien vers la source : lepoint.fr Nous ne glissons plus, nous y sommes ! Le métier de l’Information est devenu un instrument de pouvoir. Il n’y a, pour s’en convaincre, qu’à parcourir la quantité de sondages dont nous sommes abreuvés… sous lesquels on tente de nous noyer devrais-je dire.
Y a-t-il plus pervers qu'un sondage ? Informer une population de ce qu'elle-même pense, est-il vraiment raisonnable ? A quoi cela sert-il ? A jouer gagnant sur l'antique peur humaine de se retrouver seul contre tous. En informant chacun des idées de la (ou d’une pseudo) majorité on fait glisser les opinions, on fabrique une convergence, on tue la diversité. Le débat n'est maintenu que pour donner l'illusion de la démocratie, mais il est stérile. On ne discute plus que de la forme. Ce qui est peu. Ce qui n'est rien, bien souvent. Des débats de gens d'accord !
En outre, il est fort troublant à mes yeux de constater régulièrement dans les médias cette habile façon de discréditer les libres penseurs, les "fortes têtes", en les marginalisant comme des gens de peu d'intérêt, voire des gens ridicules ou dangereux, en les opposant à la masse populaire dont le nombre fait la certitude [sic].

Lorsque notre pays a enfanté la Loi sur la Liberté de la Presse, en juillet 1881, avait-il envisagé ce parricide ? Il est temps de sortir de la torpeur et d’arrêter cette mascarade.

Ce que je retiens de cet anecdote du déménagement d'un français à l'étranger ? Un texte. Mais quel texte ! Voilà du français de belle facture, un peu de culture et du travail pour sûr ! Merci à Raphaël Enthoven pour ce tonitruant début d'année ! :)

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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 21:54

Lieu : 1ère chaîne d'information en continu (comme ils se plaisent à dire d'eux-mêmes)
Date : mercredi 6 juillet 2011
Temps : 2ème partie de soirée (je n'ai pas l'heure exacte :$)
Sujet : prise d'otages dans un train à Bordeaux
Extrait : « Un homme, d'origine malienne, [...] » (récidive ce matin à voir ICI)

Ma question : Dans cette information, où situez-vous la frontière entre précision et manipulation ?
Vous avez quatre heures... ;o)

---

Comparez maintenant le traitement de cette même information sur ce site (trouvé, sans a priori ni choix, comme premier résultat Google sur les mots clefs “prise d’otages”).
Demandez-vous quelle version vous conserve votre objectivité ?…
Ce n’est pas parce que qu’un Procureur commet l’erreur (en est-ce vraiment une de la part du Ministère Public ?!?) de citer ces éléments d’identification ethnique qu’on ne doit pas réfléchir avant de les publier !
Ce n’est pas parce qu’on est en possession d’une information qu’on la “balance” le plus vite possible pour faire la nique aux concurrents !
Cette précision (de trop !) n’apporte aucun élément susceptible d’éclairer l’affaire, contrairement à l’état psychiatrique et aux antécédents judiciaires.

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 22:01
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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 21:54

On peut rêver mais il est aussi possible d’agir. Voici quelques idées simples pour rendre la raison à cette maudite télévision :

- Interdire la télévision privée. Bien radical me direz-vous et bien dangereux pour la liberté et la démocratie. Non ! Dangereux seulement pour les luttes de pouvoir et ce ne peut être que salvateur. Le programme scolaire n’est-il pas défini par l’État ? Personne ne se demande s’il est dangereux de laisser formater les jeunes esprits sans contre-pouvoir. La télévision de demain se devra d’être également un outil de formation et de découverte. Sa programmation sera exclusivement éducative. Les chaines seront thématiques et se placeront dans la continuité de ce que l’école offre à nos jeunes. Pourquoi ? Parce que le téléspectateur est passif.  Si on lui propose des idioties, il les avale.  Pourquoi ne pas guider cette passivité en laissant un large choix.

- Interdire l’Information télévisée. Pas question cependant de revenir à l’ORTF et à une communication contrôlée par le pouvoir politique en place. L’Information (vous noterez la majuscule) n’aura plus le droit de cité sur cette télévision nouvelle, pour en supprimer l’immédiateté et la partialité (puisque notre nouvelle télévision sera entre les mains de l’État). L’Information retrouvera sa place pleine et entière à l’écrit, là où le temps imposé à la publication fait tomber l’émotion et autorise le journaliste à creuser son sujet pour en offrir toutes les facettes à son lecteur.

- Offrir un large choix. C’est à cette seule condition que notre télévision nouvelle conservera un caractère attractif. Le choix des chaines thématiques permettra de rationnaliser l’offre de façon cohérente : Sciences, Langues, Histoire, Arts, Sports pourront être déclinés sur différentes chaines selon les ambitions et les publics. Il faut que chacun puisse trouver “chaussure à son pied” : Ludiques et didactiques pour les plus jeunes – ou les moins avertis –, complètes et analytiques pour les plus exigeants. Il faut rendre à chacun l’envie de découvrir.

- Favoriser le cinéma. Lui laisser le soin de divertir. Loin de moi l’idée d’interdire le divertissement. L’esprit a besoin de souffler pour rester alerte. Il ne sera pourtant plus question néanmoins de flatter la bêtise, la médiocrité ou encore le voyeurisme avec des jeux sans intérêt dont l’unique point commun est d’offrir le bonheur (sic !) par procuration. Mais le cinéma de demain ne peut être aussi dictatorial que la télévision d’aujourd’hui. Sa programmation ne peut être le fait d’un seul. Le cinéma de demain sera donc en VOD (vidéo à la demande). La base de données sera, bien sûr, gérée entre les mains de l’Institut National de l’Audiovisuel.

- Poursuivre et renforcer l’interactivité. Grâce à Internet, chaque programme offrira plusieurs accessoires en ligne : Pouvoir être visionner à nouveau, proposer du contenu – complémentaire et pédagogique – à l’attention des écoles et lycées, ouvrir un forum et y inviter des spécialistes pour stimuler le débat et les questions, permettre un suivi dans la durée des questions grâce une FAQ (foire aux questions)… Et cette liste n’est pas exhaustive.

Quand nous aurons la volonté de faire progresser les individus au lieu de les abrutir, de susciter la création au lieu de brider les prétentions, d’éveiller les talents plutôt que d’anesthésier les volontés, alors, peut être et peut être seulement, aurons-nous fait un pas sur le chemin de notre Humanité.

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 21:53

Comment en sommes-nous arrivés là ? Vous comme moi avons maintes et maintes fois vu, ou entendu parler de ces films d’anticipation qui nous annoncent immanquablement l’extinction de la race humaine. Ils ne retiennent pour la plupart que deux scénarios : D’un côté les extra-terrestres vindicatifs et technologiquement beaucoup plus avancés que nous, et, de l’autre,  le retournement de notre propre technologie contre nous. Mais pourquoi aller chercher si loin un ennemi lorsqu’il est en nous. Souvenons-nous des paroles de Pierre Desproges sur scène :

Mais où avez-vous vu qu'elle était respectable la personne humaine ?
Vous avez entendu chanter Francis Lalanne ?
Vous avez entendu penser un footballeur ?
Vous avez vu les yeux morts des terrifiants zombies à chapeau mou alignés devant les chars apocalyptiques des 1er mai moscovite ?
Avez-vous entendu le décérébré radiophonique meugler les résultats du " Top 50 " ?
Avez-vous reniflé les effluves de sang lourd épanché du taureau sacrifié au crétin bariolé qui brandit sa queue fauve au nez des connes humides des étés madrilènes ?
Avez-vous touché du doigt le fin fond de la bassesse au front des marchands de femmes accroupies ?
Avez-vous, sans bouillir, essayé Génie ?
Vous avez lu Télé 7 jours ?
Vous vous êtes regardés ?
Vous m'avez vu dans la glace ?
"

Notre déshumanisation est en marche. Sournoise, rampante, masquée derrière le visage souriant du divertissement. Non, mais sans rire ! Vous avez mis le nez devant votre télévision récemment ? Toucherons-nous enfin le fond un jour ? Ce n’est pas sûr… Depuis l’aventure du Loft, nos émissions ne cessent de rechercher plus humiliant et voyeur. Elles n’ont de cesse de nous renvoyer l’image de notre médiocrité intrinsèque en nous regardant en retour nous vautrer avec complaisance dans cette auto-suffisance d’espèce dominante. Mais le pire n’est pas là, bien que cette diversion soit parfaitement orchestrée. Quand il est si aisé de critiquer ouvertement la télé-réalité,  le diable se pare des habits de l’information, le tentateur se vêt de la dite rigueur journalistique pour diluer insidieusement son message uniformisateur : “Ayez peur et vous serez mouton ! Tremblez, je serai votre sauveur ! Croyez, je vous offrirai LA vérité !”

Vous ne me croyez pas ?

Vous êtes-vous déjà penché sur la programmation récurrente de nos dix-huit chaines en clair ? Avez-vous compté ce que chaque semaine vous offre de reportages “sur le vif” ? Avez-vous suivi les policiers de la Brigade de Répression du Banditisme, les légionnaires, les as de la Brigade Anti-Criminalité, les shérifs de la route ? Avez-vous profité des techniques d’entrainement au combat des membres du GIGN ? Non ??? Pas grave ! La semaine prochaine, vous pourrez bien voir ou revoir un reportage engagé sur le GIPN ou sur les soldats du feu. Et puis, si vraiment vous êtes de mauvaise foi, que vous avez raté par inadvertance toutes ces minutes de programmation fantastiques qui vantent les mérites de la force publique, de la sécurité, du muscle et de la loi, rassurez-vous, il vous restera  bien encore l’équipe de lutte contre les pickpockets du métro parisien. Pauvres de nous !
Vous êtes vous déjà interrogé sur les raisons de ces choix éditoriaux ? J'y vois l’orchestration d’un sentiment d’insécurité permanent qui ouvre les oreilles et prépare la conscience à recevoir n’importe quel message lénifiant. J’y vois une manipulation (du moins ai-je le secret espoir que c’en soit une ! Il ne manquerait plus que ce ne soit pas fait exprès !!! ).

Un autre point mérite d’être examiné puisque nous en sommes aux choix éditoriaux : Les journaux télévisés. Si vous en avez le temps et l’envie, cessez d’écouter le contenu des sujets évoqués et penchez vous sur les enchainements de ces sujets. Oubliez le fond et examinez la forme. Demandez vous à chaque instant ce qui guide le rédacteur en chef pour placer les sujets dans cet ordre plutôt que dans un autre. Il y a des associations qui ne peuvent être le fruit du hasard, des transitions qui en disent long sur les associations d’idées suggérées aux téléspectateurs.

La question de l’intégrité journalistique doit être posée. Il faut virer les vers du fruit pour sauver ceux qui font encore leur travail avec la seule vocation d’informer sans jugement prémâché. Il ne peut plus y avoir de quête de l’immédiateté dans cette profession. Le “scoop” tue l’intégrité et la qualité. J’en veux pour preuve ces ânes (il n’y a pas d’autre mot) qui prennent une antenne en direct pendant cinquante minutes devant un grand “Rien” pour dire… qu’ils ne savent rien à ce moment précis mais que peut être qu’ils en sauront plus dans quelques secondes et qui vous le délayent dans un verbiage dont la syntaxe laisse cruellement à désirer.  Mais où va-t-on ! S’il vous plaît ? Faites-les taire !

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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 00:07
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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 23:57

Je ne supporte plus que nos élèves manquent de respect à leurs professeurs, aux membres du personnel administratif ou, plus largement, à tout adulte travaillant dans un établissement d’enseignement. Il est inacceptable que ces personnels soient terrorisés par de “jeunes cons” qui se croient tout permis. De la même façon, il ne peut plus être toléré que l’école soit le théâtre de violences armées (couteaux ou armes à feu), de racket, de vente de produits illicites – de l’alcool à la drogue en passant par des produits de consommation en tout genre.

 

Le chemin sera long et douloureux, et toutes les solutions ne sont pas encore imaginées. Mais voici celles qui doivent jalonner le Début :

- L’uniforme sera obligatoire (les chaussures de sport seront prohibées pour toute autre usage que celui de la pratique d’un sport). Toute référence au pouvoir d’achat des familles sera supprimé dans ce lieu où sera rétablie l’égalité. La fin du racket et des discriminations.

- La mixité des établissements scolaires sera supprimée et interdite au collège et au lycée. Rendre le temps au temps dans cette période difficile de découverte et de mutation des corps et des esprits mais aussi ramener nos jeunes pubères à une concentration de rigueur pour leurs études. La mixité sera en revanche maintenue au primaire pour permettre la construction sociale de nos jeunes enfants.

- La fin des “temps libres” sur la journée scolaire. Les élèves seront tenus d’utiliser les vides habituels (emploi du temps normal) ou exceptionnels (absence non anticipée d’un professeur) pour le travail. Les salles d’Études feront l’objet d’un pointage de présence en entrant et en sortant. Il n’est plus question de laisser la liberté d’aller et venir à un mineur ! Il faut combattre l’oisiveté qui mène à la paresse.

- La politesse et le respect feront l’objet d’une attention toute particulière. L’entrée et la sortie de classe d’un professeur – ou d’un autre membres de l’établissement – devront être accompagnée par le levé systématique des élèves. Le retard en classe ne sera plus toléré et toute arrivée après le début du cours sera dirigée vers la salle d’Étude et enregistrée comme telle. La répétition de tels retards sera, à un terme qu’il reste à définir, sanctionnée. Le vouvoiement sera obligatoire pour les élèves envers leurs professeurs mais il sera également imposé aux professeurs à l’endroit de leurs élèves collégiens et lycéens. Le respect sera réciproque, qu’on se le dise ! Et tout écart de langage (dans les deux sens) sera bien évidemment sanctionné.

 

Non, je n’ai pas la nostalgie du passé pour le passé. Je l’utilise pour en tirer des enseignements. Et le passé nous dit que le respect et la politesse ont existé à l’école. Je veux les rétablir. Mon passage d’un an dans un collège anglais me montre aussi combien les préoccupations sont différentes lorsque les différences sociales sont oubliées. Elles le seront.

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Published by Franz - dans Éducation
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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 13:24

Depuis ce temps qu’on nous le répète, nous finirions par croire qu’il est nécessaire de réformer l’Éducation Nationale. Est-ce vraiment le cas, je n’en suis pas sûr.

Il est toujours facile, et par conséquent tentant, d’invoquer la nécessaire réforme d’un système qui ne produit pas avec exactitude les effets escomptés. Qu’entendons-nous aujourd’hui ? Inadéquation entre la formation et le monde du travail, classes surchargées parce qu’il n’y a pas assez de professeurs, ces mêmes professeurs qui sont insuffisamment formés avant d’être jetés en pâture à nos “fauves”, filières dévalorisées, et j’en passe…

Je ne suis pas de ceux qui regardent constamment en arrière. On ne peut pas aller de l’avant avec les yeux rivés sur le rétroviseur. Ces expressions (« C’était mieux avant » ou « De mon temps »), maintes fois entendues par chacun d’entre nous dans la bouche de nos anciens, ne sont, à mon sens, que le reflet d’un courage légitimement usé par le temps. Mais, comme en toute chose, l’excès est mauvais. Le tort premier de notre jeunesse – sans doute de toutes les jeunesses depuis le fond des âges – est de se sentir la nécessité de piétiner ce passé, qui est, indirectement ou pas, le leur, pour asseoir crânement leur quête d’identité, leur affranchissement de la tutelle parentale.
L’Histoire doit nous permettre de construire un futur enrichi de toutes les expériences. C’est comme cela qu’on évolue, au lieu de bégayer.

A la lumière de cette exigence, peut-on encore raisonnablement dire que la surcharge de nos classes est un facteur d’échec scolaire ? Penchons-nous quelques instants sur les classes de nos parents, de nos grands-parents. Allez-y ! En toute confiance ! Ouvrez les tiroirs, regardez ces vieilles photos jaunies par le temps et, passé ce premier attendrissement de piété filiale, comptez donc les élèves… Alors pourquoi, de nos jours, 25 ou 30 élèves n’obtiennent plus de bons résultats ? Deux facteurs méritent d’être mis au cœur du débat : La discipline et l’implication des parents, le premier étant probablement le résultat du second. A partir d’un certain moment, dont je ne saurais dire quand il a débuté, les parents ont renoncé à l’exercice de leur autorité sous sa forme primaire, voire primale. On a commencé à discuter nos choix de parents avec nos enfants. C’était, pensions-nous, une façon de les aider à comprendre et à grandir. Nous pensions leur offrir une explication. Grand mal nous en a pris : Ils en ont évidemment déduit qu’il s’agissait d’une consultation. Et pendant que nos enfants s’émancipent doucement, la respectabilité institutionnelle de l’instituteur fond comme neige au soleil car il n’est pas de raison qu’il échappe à cette même mécanique. Quand nos enfants auront rendu le respect inconditionnel qu’ils doivent à leurs enseignants, ces derniers redistribueront leur temps, aujourd’hui dédié au maintien de l’ordre, pour en faire des instants de suivi des élèves. Mais pour cela, il ne faudrait pas oublier que le professeur forme pendant que les parents éduquent !

Arrivés à ce point crucial où nos enfants seront redevenus « sages comme des images » en classe, faut-il vraiment s’étendre sur la formation de nos enseignants ? La principale critique que j’entends sur la mastérisation de leur formation, c’est le manque de pratique. Soyons raisonnables ! Combien d’entre nous ont bénéficié d’une formation en alternance ? Combien s’en sortent parfaitement en ayant commencé “sur le tas” ? Il faut évidemment proposer une aide concrète aux nouveaux professeurs afin de les aider à construire leur premier contenu éducatif, mais il est insultant de les traiter comme des incapables majeurs après tant d’années d’étude. Sans problème aggravé de discipline, je doute qu’ils aient du mal à s’en sortir, non ?

Je finirai avec cet épineux problème des filières, dont il est dit qu’elles sont trop favorisées pour les unes, dévalorisées pour les autres, et très largement critiquées pour ne pas fournir au monde du travail des employés hautement qualifiés dès 18 ans (sic !). Les baccalauréats A, B, C, D, E, F, G, etc. à mon époque (si ma mémoire est bonne) sont devenus L, ES, S, ST2S, STI, STG, STL, STAV, etc. Les choses ont-elles vraiment changées ?  Pas si sûr… Le bac C (scientifique) de l’époque était déjà une ambition pour les ambitieux. Le A (littéraire) était déjà fait pour les “nuls en mathématiques”. Quant au B (économique), il flottait alors sur la réputation de ses apprenants une ombre d’incapacité à avoir pu prétendre aux deux premières. Nous en sommes toujours là dans les esprits.
C’est bien avant, qu’il faut traiter le sujet. Je ne crois pas à la spécialisation avant le bac, disons le tout net. C’est, à mon avis, le seul point qui mérite rapidement une réforme en profondeur. Une première raison, très basique : Comment un enfant de 13, 14 ou 15 ans peut-il raisonnablement effectuer un choix qui engage sa vie ? Il faut aussi en analyser les conséquences : Le marché de l’emploi est changeant. Nos jeunes ayant pris des virages trop prononcés prennent le risque de se voir, à l’arrivée, devant de bouchés débouchés et trop peu généralistes pour se recycler de façon acceptable. Voilà la seconde difficulté : Notre système éducatif produit des individus mono tâche. Spécialisés trop tôt, ils deviennent incapables de prendre du recul sur les difficultés qu’ils rencontrent dans leur vie professionnelle comme dans leur vie personnelle. Ils n’ont pas acquis le réflexe de faire appel à plusieurs disciplines pour affronter un problème. Ils se sont construits sur un seul axe en négligeant les autres. Le manque d’Histoire leur fera oublier les échecs à ne pas reproduire, le manque de Mathématiques les laissera sans méthodologie, le manque de Français, enfin, leur fera oublier le sens de la nuance… « Non ! Jeune homme, il ne faut pas dire “mortel” si ce film vous a plu, puisque vous en êtes ressorti vivant !!! Non, Mademoiselle, “trop” ne peut pas s’utiliser avec tout et n’importe quoi, et encore moins des anglicismes  du genre de “cool” !… Etc. ».

Le “monde impitoyable de l’emploi” comme il est décrit aujourd’hui, le gouffre qui se creuse entre les dirigeants et les dirigés pourrait très bien tenir à cette simple médiocrité des esprits. Construisons nos jeunes adultes pour en faire des gens capables de réfléchir au lieu d’en faire des moutons et nous avancerons.

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Published by Franz - dans Éducation
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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 19:54

S’il est un sujet source de contentieux de longue date, de longue tradition peut-on dire Clignement d'œil , dans notre pays dont l’esprit gaulois ne se dément pas, c’est, pour sûr, la lutte des classes. Négociations à l’embauche, négociations annuelles de revalorisation des grilles salariales, conflits sociaux liés aux conditions de travail, aux plans sociaux et autres restructurations et délocalisations, sont autant de prétextes pour mettre en exergue cette incompréhension réciproque des entrepreneurs et de leurs salariés. S’il est évident que l’actualité met en lumière les profits des uns et la misère (parfois) des autres, il est moins évident d’induire un mouvement de rapprochement de ces deux mondes pourtant liés de façon inaltérable. Le salarié est-il prêt à prendre les risques juridiques et financiers de son employeur ? Le “patron” est-il encore capable de prendre la sueur au front de ses ouvriers, pour paraphraser Coluche ? Ce même Coluche, sarcastique, qui affirmait que Dieu avait partagé en deux : la nourriture pour les riches et l’appétit pour les pauvres. Faut-il s’en contenter ?

Le thème sous-jacent de cette problématique est bel et bien celui de la rémunération du travail. Difficile de sortir de la subjectivité d’une telle réflexion. Ce qui constituera une “juste” rétribution d’un travail pour moi, le sera-t-il pour un autre ? Il y a fort à parier que non. Nous faisons alors face - et il n’y a pas plus actuel, brûlant, mais aussi pérenne débat - à une couche supplémentaire d’incompréhension : les intérêts catégoriels. Qui d’entre nous n’a jamais pesté ou juré une grève de l’Education Nationale ou des Cheminots parce qu’il devait trouver une garde pour ses enfants au débotté ou faire du covoiturage pour aller au travail ? Doit-on conspuer nos enseignants ou chercher à les comprendre ? Nous ne sommes que très peu incités à la seconde posture par des médias dont la responsabilité dans notre compréhension est grande sans qu’ils y attachent d’importance plus que relative. (Voir mes propos sur ce sujet plus particulier).

A titre d’exemple, j’ai reçu, il y a peu, un email de charge exemplaire contre les projets Darcos du moment. Avant de transmettre ce message à tout mon répertoire - comme il m’était d’ailleurs proposé de le faire rapidement -, j’ai pris le temps de recueillir l’avis d’un proviseur de lycée de ma connaissance. Ô surprise ! J’ai reçu un avis posé et mesuré - ça change ! - m’expliquant que tout n’était pas bon, bien sûr, mais que l’essentiel tenait surtout de la rationalisation d’un système trop mal fagoté.Tous ne peuvent être de cet avis, certes. Mais que nous n’entendions jamais de points de vue d’intéressés autres que discordant de la voix du gouvernement me paraît déjà un signe inquiétant de manipulation des masses par une information parcellaire et partisane - pour ne pas dire le fond de ma pensée, plus radicale… en fait, racoleuse et démagogue -. Fin de parenthèse.

Je ne suis pas certain qu’il nous faille faire preuve d’une imagination débordante pour proposer un regard neuf sur le salaire du travail. La rémunération très importante d’un dirigeant d’entreprise est loin de me choquer. Que son salaire soit cinquante fois le mien me paraît amplement justifié au regard du temps qu’il y consacre ou des risques qu’il prend - car n’oublions pas que la responsabilité pénale du dirigeant reste un élément clef pour appréhender la justesse de la contrepartie financière (voir en ce sens les récents procès suite à l’incendie du tunnel du Mont Blanc ou à l’explosion de l’usine AZF) - ou encore de l’investissement financier qui a pu être le sien.

Les grilles salariales peuvent et doivent être régulièrement discutées mais avec l’apaisement que seule la pondération des enjeux peut apporter. Je m’explique. Les négociations se font aujourd’hui dans un contexte où, chacun tirant la couverture à lui, l’un demande trop pour avoir plus que peu et l’autre offre trop peu pour avoir à donner moins que plus. La pérennité de l’entreprise ne se brade pas, à tous points de vue, ou tout le monde y perd. Mais, a contrario, la survie et la motivation des employés ne se discute pas non plus. Chacun en est conscient. Quel espace reste-t-il ?

Certaines entreprises l’ont trouvé : le partage des fruits d’un travail partagé. Beaucoup de “grosses boîtes” ont déjà mis en place intéressement et participation mais sans aller jusqu’au bout d’un raisonnement salvateur. L’exemple de l’ANCV (la société du Chèque Vacances) m’a frappé. Voilà une entreprise où la secrétaire dispose d’un salaire d’à peine 20.000 € par an pendant que le P.-D.G. en empoche plusieurs centaines de milliers. Pas le même parcours, pas les mêmes études, pas le même boulot. En revanche, chacun est primordial dans cette chaîne qui construit la réussite de l’entreprise. L’intéressement et la participation sont donc répartis à parts égales entre les différents membres du personnel : Notre secrétaire perçoit 20.000€ de plus, son P.-D.G. autant, mais sans plus. Ce qui est le paiement d’un salaire doit rester adapté car nous ne fournissons pas tous - et loin s’en faut - le même effort et le même engagement. Mais la distribution des fruits de l’entreprise me semble le passage obligé de la normalisation des rapports des partenaires sociaux. Le patron n’a pas plus de mérite, à son niveau d’action, d’avoir négocié un gros contrat, que la secrétaire sur les épaules de laquelle repose une bonne part de l’organisation ou qui fidélise les clients par un accueil de qualité.

Après le partage, l’union. Il est urgent de développer l’actionnariat salarié. C’est d’abord réconcilier le salarié et l’actionnaire, lier durablement le revenu du travail et celui du patrimoine. C’est, ensuite, inscrire dans le temps le lien entre l’homme et son entreprise. C’est, enfin, impliquer le travailleur, le salarié, le collaborateur - chaque terme étant à ce jour chargé de significations sous-entendues - dans les décisions, l’amener à comprendre, discuter, approuver ou pas les grands choix : C’est le mettre dans le fauteuil du chef d’entreprise.

Rendons à chacun la fierté d’être cette part essentielle d’une réussite. Rendons à l’entreprise cette dose de “collectif” qui fera de nouveau sa force. Brisons cet élan individualiste qui fait de chacun de nous un mouton seul et perdu qui n’a plus de panache à défendre ni de raison de se battre que celle de sa propre survie.

Quand s’éteindra l’Envie, la Colère n’aura plus de raison d’être.

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Published by Franz - dans Travail
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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 19:53

Ça sonne comme un sujet du bac de philosophie, non ? Je pousserais même jusqu’à dire que ça sonne comme un sujet usé et délavé du bac de philosophie. Mais n’est-ce pas pleinement d’actualité ? C’est la question que je me pose en allumant ma télévision, ma radio ou en ouvrant un journal.

Au début était le Verbe !
Incroyable pouvoir des mots et des idées que véhiculent nos propos. En janvier 2008, le CODEVI changeait de nom (nous n’aborderons pas ici les autres changements qu’apportait cette décision). Il devenait Livret de Développement Durable. J’y ai d’abord vu, jugement péremptoire d’un âge où c’est encore pardonné, le signe d’une hypocrisie contextuelle. La France entière, baignée du Grenelle de l’environnement, se cherchait une conscience écologique. Et puis je suis tombé sur l’intervention radiophonique d’un linguiste qui expliquait que le langage conditionne notre conception du monde. Ainsi cela devenait évident : Changer les mots pour, in fine, changer les esprits. Pourquoi pas ?

Quelle responsabilité que de vouloir induire un changement pour tous ! Quel poids sur les épaules ! C’est là, que nous glissons subrepticement vers une nouvelle considération : ceux à qui ce pouvoir est donné en font-ils bon usage ? Loin de moi l’idée de proposer une échelle de valeurs dont l’évidente subjectivité intrinsèque fut source de tant d’injustices à travers les siècles. En revanche, il doit être inscrit aux devoirs des citoyens que nous sommes d’exercer une analyse critique du traitement de cette si précieuse information, car c’est bien elle qui nous façonne. Reconnaissons-le, nous les membres de cette société nouvelle, de cette fameuse “société de l’information”. Les mots ne sont décidément pas innocents.

La liberté de la presse peut-elle s’exercer sans aucune responsabilité ? Je ne le crois certainement pas. Mais je constate avec amertume qu’à ce jour tout reste à faire. Du traitement récent de la crise financière à celui des guerres dans le monde, en passant par les violations répétées du secret de l’instruction, le journalisme ne brille pas à mes yeux de cette volonté farouche, qu’il devrait faire sienne, d’exemplarité.
Pourquoi - cette question, si simple et évidente à l’enfant qui parle à peine, et qui pourtant, comme usé par le temps et le nombre, tombe par trop en désuétude à l’âge adulte, nous réduisant à l’état peu enviable de moutons - en sommes-nous arrivé là ? L’argent ? Le pouvoir ? Sans doute. Reste qu’il nous faut encore définir qui sert quel maître et qui se sert de qui. Le journaliste est-il l’instrument d’une volonté tierce pour véhiculer et diffuser des concepts ? Ou l’évènement n’est-il qu’un prétexte journalistique pour asseoir sa toute puissance non démocratique par distillation d’une information bien maîtrisée ? Il me semble que chacun, à défaut d’y trouver pleinement son compte, tente en permanence de tirer la couverture à lui et de pervertir un peu plus le système à son profit.

Comment, dès lors, réinventer - pardon ! - réimplanter la responsabilité de bien informer dans le concept de liberté d’expression ?
L’éducation ? Évidemment, inscrire cette démarche dans la durée est essentiel. Mais il y a fort à parier que le plus ardu des travaux d’Hercule n’eut pas été considéré a priori comme plus grande gageure que l’idée de rendre à la conscience journaliste la modestie qui lui fait si cruellement défaut.
Le désintéressement ? Il pose le délicat problème des ressources de financement que notre service public de l’audiovisuel connait bien en ce moment. Et pour quelle efficacité ? S’asseoir sur l’audimat et faire fi des conséquences financières ? Sera-ce salvateur à la rigueur journalistique ? L’indépendance financière a contrario en est-elle forcément la source ? Plus de questions que de réponses…
La contrainte ? A l’âge où l’extrémisme - le jusqu’au-boutisme, devrais-je dire - de nos 20 ans n’est pas tout à fait éteint, il me plaît à penser que cela reste le levier inévitable d’un résultat plus probant dans un temps court. Ahaaaa la punition ! Élément incontournable de la construction psychologique de l’individu vivant en société. Rouvrir Cayenne ? Quand même pas ! Mais pourquoi ne pas priver - temporairement - de sa faculté d’informer le journaliste qui publie une information dont la véracité n’est pas établie ? On applique bien l’inéligibilité à celui qui triche en politique ou encore l’interdiction de vol à celui dont l’avion passe trop près de celui du 1er ministre.

Nous aurons gagné lorsque nos ondes et nos pages ne véhiculeront plus jamais de formules telles que “selon des sources bien informées, proches de…” suivies d’un conditionnel plus que précautionneux. Il est absolument impératif que survive le journalisme d’investigation dans un monde démocratique - et ce, afin qu’il le reste autant que faire se peut - mais cela ne doit pas se faire à n’importe quel prix. La dénonciation d’abus ne peut tourner systématiquement à la dénonciation calomnieuse. Plus encore, les quelques procès retentissants - livrant à la vindicte populaire, par une diatribe médiatique péremptoire, une poignée de vieillards usés - valaient-ils le massacre durable de la crédibilité de toute la classe politique ? En avons-nous mesuré toutes les conséquences ?
Enfin, et en guise de conclusion, ayant toujours eu un goût prononcé pour le poste d’avocat du Diable, je laisse en pâture à vos perspicaces analyses un jusqu’au-boutisme final : “Préférez-vous un chef d’État reconnu comme honnête mais malhabile ou l’un de ceux dont on se doute, sans en être certain, qu’il n’est pas tout blanc - loin s’en faut parfois même - mais qui fait rayonner la grandeur et la puissance de la France ?”
Clignement d'œil L’année prochaine, au bac de philo, il faudra penser à faire plancher les étudiants sur le paradoxe de l’âne de Buridan ! Clignement d'œil

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Published by Franz - dans Médias
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DEVISE & OBJECTIF

« S'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème ! » disait la devise Shadok.
Ça me paraît un excellent point de départ...

 

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