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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 21:54

On peut rêver mais il est aussi possible d’agir. Voici quelques idées simples pour rendre la raison à cette maudite télévision :

- Interdire la télévision privée. Bien radical me direz-vous et bien dangereux pour la liberté et la démocratie. Non ! Dangereux seulement pour les luttes de pouvoir et ce ne peut être que salvateur. Le programme scolaire n’est-il pas défini par l’État ? Personne ne se demande s’il est dangereux de laisser formater les jeunes esprits sans contre-pouvoir. La télévision de demain se devra d’être également un outil de formation et de découverte. Sa programmation sera exclusivement éducative. Les chaines seront thématiques et se placeront dans la continuité de ce que l’école offre à nos jeunes. Pourquoi ? Parce que le téléspectateur est passif.  Si on lui propose des idioties, il les avale.  Pourquoi ne pas guider cette passivité en laissant un large choix.

- Interdire l’Information télévisée. Pas question cependant de revenir à l’ORTF et à une communication contrôlée par le pouvoir politique en place. L’Information (vous noterez la majuscule) n’aura plus le droit de cité sur cette télévision nouvelle, pour en supprimer l’immédiateté et la partialité (puisque notre nouvelle télévision sera entre les mains de l’État). L’Information retrouvera sa place pleine et entière à l’écrit, là où le temps imposé à la publication fait tomber l’émotion et autorise le journaliste à creuser son sujet pour en offrir toutes les facettes à son lecteur.

- Offrir un large choix. C’est à cette seule condition que notre télévision nouvelle conservera un caractère attractif. Le choix des chaines thématiques permettra de rationnaliser l’offre de façon cohérente : Sciences, Langues, Histoire, Arts, Sports pourront être déclinés sur différentes chaines selon les ambitions et les publics. Il faut que chacun puisse trouver “chaussure à son pied” : Ludiques et didactiques pour les plus jeunes – ou les moins avertis –, complètes et analytiques pour les plus exigeants. Il faut rendre à chacun l’envie de découvrir.

- Favoriser le cinéma. Lui laisser le soin de divertir. Loin de moi l’idée d’interdire le divertissement. L’esprit a besoin de souffler pour rester alerte. Il ne sera pourtant plus question néanmoins de flatter la bêtise, la médiocrité ou encore le voyeurisme avec des jeux sans intérêt dont l’unique point commun est d’offrir le bonheur (sic !) par procuration. Mais le cinéma de demain ne peut être aussi dictatorial que la télévision d’aujourd’hui. Sa programmation ne peut être le fait d’un seul. Le cinéma de demain sera donc en VOD (vidéo à la demande). La base de données sera, bien sûr, gérée entre les mains de l’Institut National de l’Audiovisuel.

- Poursuivre et renforcer l’interactivité. Grâce à Internet, chaque programme offrira plusieurs accessoires en ligne : Pouvoir être visionner à nouveau, proposer du contenu – complémentaire et pédagogique – à l’attention des écoles et lycées, ouvrir un forum et y inviter des spécialistes pour stimuler le débat et les questions, permettre un suivi dans la durée des questions grâce une FAQ (foire aux questions)… Et cette liste n’est pas exhaustive.

Quand nous aurons la volonté de faire progresser les individus au lieu de les abrutir, de susciter la création au lieu de brider les prétentions, d’éveiller les talents plutôt que d’anesthésier les volontés, alors, peut être et peut être seulement, aurons-nous fait un pas sur le chemin de notre Humanité.

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 21:53

Comment en sommes-nous arrivés là ? Vous comme moi avons maintes et maintes fois vu, ou entendu parler de ces films d’anticipation qui nous annoncent immanquablement l’extinction de la race humaine. Ils ne retiennent pour la plupart que deux scénarios : D’un côté les extra-terrestres vindicatifs et technologiquement beaucoup plus avancés que nous, et, de l’autre,  le retournement de notre propre technologie contre nous. Mais pourquoi aller chercher si loin un ennemi lorsqu’il est en nous. Souvenons-nous des paroles de Pierre Desproges sur scène :

Mais où avez-vous vu qu'elle était respectable la personne humaine ?
Vous avez entendu chanter Francis Lalanne ?
Vous avez entendu penser un footballeur ?
Vous avez vu les yeux morts des terrifiants zombies à chapeau mou alignés devant les chars apocalyptiques des 1er mai moscovite ?
Avez-vous entendu le décérébré radiophonique meugler les résultats du " Top 50 " ?
Avez-vous reniflé les effluves de sang lourd épanché du taureau sacrifié au crétin bariolé qui brandit sa queue fauve au nez des connes humides des étés madrilènes ?
Avez-vous touché du doigt le fin fond de la bassesse au front des marchands de femmes accroupies ?
Avez-vous, sans bouillir, essayé Génie ?
Vous avez lu Télé 7 jours ?
Vous vous êtes regardés ?
Vous m'avez vu dans la glace ?
"

Notre déshumanisation est en marche. Sournoise, rampante, masquée derrière le visage souriant du divertissement. Non, mais sans rire ! Vous avez mis le nez devant votre télévision récemment ? Toucherons-nous enfin le fond un jour ? Ce n’est pas sûr… Depuis l’aventure du Loft, nos émissions ne cessent de rechercher plus humiliant et voyeur. Elles n’ont de cesse de nous renvoyer l’image de notre médiocrité intrinsèque en nous regardant en retour nous vautrer avec complaisance dans cette auto-suffisance d’espèce dominante. Mais le pire n’est pas là, bien que cette diversion soit parfaitement orchestrée. Quand il est si aisé de critiquer ouvertement la télé-réalité,  le diable se pare des habits de l’information, le tentateur se vêt de la dite rigueur journalistique pour diluer insidieusement son message uniformisateur : “Ayez peur et vous serez mouton ! Tremblez, je serai votre sauveur ! Croyez, je vous offrirai LA vérité !”

Vous ne me croyez pas ?

Vous êtes-vous déjà penché sur la programmation récurrente de nos dix-huit chaines en clair ? Avez-vous compté ce que chaque semaine vous offre de reportages “sur le vif” ? Avez-vous suivi les policiers de la Brigade de Répression du Banditisme, les légionnaires, les as de la Brigade Anti-Criminalité, les shérifs de la route ? Avez-vous profité des techniques d’entrainement au combat des membres du GIGN ? Non ??? Pas grave ! La semaine prochaine, vous pourrez bien voir ou revoir un reportage engagé sur le GIPN ou sur les soldats du feu. Et puis, si vraiment vous êtes de mauvaise foi, que vous avez raté par inadvertance toutes ces minutes de programmation fantastiques qui vantent les mérites de la force publique, de la sécurité, du muscle et de la loi, rassurez-vous, il vous restera  bien encore l’équipe de lutte contre les pickpockets du métro parisien. Pauvres de nous !
Vous êtes vous déjà interrogé sur les raisons de ces choix éditoriaux ? J'y vois l’orchestration d’un sentiment d’insécurité permanent qui ouvre les oreilles et prépare la conscience à recevoir n’importe quel message lénifiant. J’y vois une manipulation (du moins ai-je le secret espoir que c’en soit une ! Il ne manquerait plus que ce ne soit pas fait exprès !!! ).

Un autre point mérite d’être examiné puisque nous en sommes aux choix éditoriaux : Les journaux télévisés. Si vous en avez le temps et l’envie, cessez d’écouter le contenu des sujets évoqués et penchez vous sur les enchainements de ces sujets. Oubliez le fond et examinez la forme. Demandez vous à chaque instant ce qui guide le rédacteur en chef pour placer les sujets dans cet ordre plutôt que dans un autre. Il y a des associations qui ne peuvent être le fruit du hasard, des transitions qui en disent long sur les associations d’idées suggérées aux téléspectateurs.

La question de l’intégrité journalistique doit être posée. Il faut virer les vers du fruit pour sauver ceux qui font encore leur travail avec la seule vocation d’informer sans jugement prémâché. Il ne peut plus y avoir de quête de l’immédiateté dans cette profession. Le “scoop” tue l’intégrité et la qualité. J’en veux pour preuve ces ânes (il n’y a pas d’autre mot) qui prennent une antenne en direct pendant cinquante minutes devant un grand “Rien” pour dire… qu’ils ne savent rien à ce moment précis mais que peut être qu’ils en sauront plus dans quelques secondes et qui vous le délayent dans un verbiage dont la syntaxe laisse cruellement à désirer.  Mais où va-t-on ! S’il vous plaît ? Faites-les taire !

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Published by Franz - dans Médias
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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 19:53

Ça sonne comme un sujet du bac de philosophie, non ? Je pousserais même jusqu’à dire que ça sonne comme un sujet usé et délavé du bac de philosophie. Mais n’est-ce pas pleinement d’actualité ? C’est la question que je me pose en allumant ma télévision, ma radio ou en ouvrant un journal.

Au début était le Verbe !
Incroyable pouvoir des mots et des idées que véhiculent nos propos. En janvier 2008, le CODEVI changeait de nom (nous n’aborderons pas ici les autres changements qu’apportait cette décision). Il devenait Livret de Développement Durable. J’y ai d’abord vu, jugement péremptoire d’un âge où c’est encore pardonné, le signe d’une hypocrisie contextuelle. La France entière, baignée du Grenelle de l’environnement, se cherchait une conscience écologique. Et puis je suis tombé sur l’intervention radiophonique d’un linguiste qui expliquait que le langage conditionne notre conception du monde. Ainsi cela devenait évident : Changer les mots pour, in fine, changer les esprits. Pourquoi pas ?

Quelle responsabilité que de vouloir induire un changement pour tous ! Quel poids sur les épaules ! C’est là, que nous glissons subrepticement vers une nouvelle considération : ceux à qui ce pouvoir est donné en font-ils bon usage ? Loin de moi l’idée de proposer une échelle de valeurs dont l’évidente subjectivité intrinsèque fut source de tant d’injustices à travers les siècles. En revanche, il doit être inscrit aux devoirs des citoyens que nous sommes d’exercer une analyse critique du traitement de cette si précieuse information, car c’est bien elle qui nous façonne. Reconnaissons-le, nous les membres de cette société nouvelle, de cette fameuse “société de l’information”. Les mots ne sont décidément pas innocents.

La liberté de la presse peut-elle s’exercer sans aucune responsabilité ? Je ne le crois certainement pas. Mais je constate avec amertume qu’à ce jour tout reste à faire. Du traitement récent de la crise financière à celui des guerres dans le monde, en passant par les violations répétées du secret de l’instruction, le journalisme ne brille pas à mes yeux de cette volonté farouche, qu’il devrait faire sienne, d’exemplarité.
Pourquoi - cette question, si simple et évidente à l’enfant qui parle à peine, et qui pourtant, comme usé par le temps et le nombre, tombe par trop en désuétude à l’âge adulte, nous réduisant à l’état peu enviable de moutons - en sommes-nous arrivé là ? L’argent ? Le pouvoir ? Sans doute. Reste qu’il nous faut encore définir qui sert quel maître et qui se sert de qui. Le journaliste est-il l’instrument d’une volonté tierce pour véhiculer et diffuser des concepts ? Ou l’évènement n’est-il qu’un prétexte journalistique pour asseoir sa toute puissance non démocratique par distillation d’une information bien maîtrisée ? Il me semble que chacun, à défaut d’y trouver pleinement son compte, tente en permanence de tirer la couverture à lui et de pervertir un peu plus le système à son profit.

Comment, dès lors, réinventer - pardon ! - réimplanter la responsabilité de bien informer dans le concept de liberté d’expression ?
L’éducation ? Évidemment, inscrire cette démarche dans la durée est essentiel. Mais il y a fort à parier que le plus ardu des travaux d’Hercule n’eut pas été considéré a priori comme plus grande gageure que l’idée de rendre à la conscience journaliste la modestie qui lui fait si cruellement défaut.
Le désintéressement ? Il pose le délicat problème des ressources de financement que notre service public de l’audiovisuel connait bien en ce moment. Et pour quelle efficacité ? S’asseoir sur l’audimat et faire fi des conséquences financières ? Sera-ce salvateur à la rigueur journalistique ? L’indépendance financière a contrario en est-elle forcément la source ? Plus de questions que de réponses…
La contrainte ? A l’âge où l’extrémisme - le jusqu’au-boutisme, devrais-je dire - de nos 20 ans n’est pas tout à fait éteint, il me plaît à penser que cela reste le levier inévitable d’un résultat plus probant dans un temps court. Ahaaaa la punition ! Élément incontournable de la construction psychologique de l’individu vivant en société. Rouvrir Cayenne ? Quand même pas ! Mais pourquoi ne pas priver - temporairement - de sa faculté d’informer le journaliste qui publie une information dont la véracité n’est pas établie ? On applique bien l’inéligibilité à celui qui triche en politique ou encore l’interdiction de vol à celui dont l’avion passe trop près de celui du 1er ministre.

Nous aurons gagné lorsque nos ondes et nos pages ne véhiculeront plus jamais de formules telles que “selon des sources bien informées, proches de…” suivies d’un conditionnel plus que précautionneux. Il est absolument impératif que survive le journalisme d’investigation dans un monde démocratique - et ce, afin qu’il le reste autant que faire se peut - mais cela ne doit pas se faire à n’importe quel prix. La dénonciation d’abus ne peut tourner systématiquement à la dénonciation calomnieuse. Plus encore, les quelques procès retentissants - livrant à la vindicte populaire, par une diatribe médiatique péremptoire, une poignée de vieillards usés - valaient-ils le massacre durable de la crédibilité de toute la classe politique ? En avons-nous mesuré toutes les conséquences ?
Enfin, et en guise de conclusion, ayant toujours eu un goût prononcé pour le poste d’avocat du Diable, je laisse en pâture à vos perspicaces analyses un jusqu’au-boutisme final : “Préférez-vous un chef d’État reconnu comme honnête mais malhabile ou l’un de ceux dont on se doute, sans en être certain, qu’il n’est pas tout blanc - loin s’en faut parfois même - mais qui fait rayonner la grandeur et la puissance de la France ?”
Clignement d'œil L’année prochaine, au bac de philo, il faudra penser à faire plancher les étudiants sur le paradoxe de l’âne de Buridan ! Clignement d'œil

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DEVISE & OBJECTIF

« S'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème ! » disait la devise Shadok.
Ça me paraît un excellent point de départ...

 

Shadok Devise

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